Brevet 1865


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Mise à jour Mars 2013


Description
Année
1865
Titre
Brevet d'invention de 1865
Brevet
Brevet N° 68923 en date du 30 septembre 1865, à Mr Thomas, pour une machine à calculer dite arithmomètre.
Auteurs
Thomas de Colmar, Charles-Xavier
Illustrations
Planche de 10 figures
Pagination
20 pages


Figures


Document numérique


Document HTML

 

 

BREVET n° 68923
en date du  30 septembre 1865,

A M. Thomas pour une machine à calculer dite arithmomètre,

 

Cette machine, au moyen de laquelle on peut facilement, promptement et sûrement faire toutes les opérations d'arith­métique, est le perfectionnement de celle que l'inventeur présenta le 27 décembre 1850 .
En 1818 l'inventeur commença les essais de cette invention. C'est la première machine à calculer qui ait été inventée au moyen de laquelle on puisse opérer sur plusieurs chiffres ensemble.

La description suivante comprend toute la machine, quoique certaines pièces soient déjà publiées et non sujettes à un nouveau brevet. Le tout ensemble avec les changements apportés est le sujet du présent brevet.

La présente description ne traite que d'une machine de douze chiffres; on en établit de seize et de vingt chiffres, avec quotient effaceur, qui n'ont pas besoin d'être décrites, les principes étant les mêmes.

Celui qui construit une machine de douze chiffres en peut également construire de seize et de vingt chiffres et plus : il suffit d'approprier la cage pour recevoir le mécanisme., toutes les pièces intérieures étant les mêmes.

 

Cage.

Le mécanisme pour le multiplicateur et le multiplicande, ou, dans les opérations contraires, pour le diviseur et le quotient, est contenu dans une cage de 28 centimètres de long sur 11  centimètres de large et 5 centimètres de hauteur.

Cette cage est composée de trois platines A, B, B" (Fig. 3, 4 et 7) ; les deux platines B, B"sont reliées entre elles par : 1° deux piliers carrés C (Fig. 3); 2° deux piliers ronds D (Fig. 4); 3° un pilier rond E (Fig. 4) , plus petit que les précédents.

La platine A (Fig. 3, 4 et 5), est reliée à la platine B par deux gros piliers ronds F (Fig. 4), et par un petit pilier rond G (Fig. 4).

Sur cette platine A sont fixées deux pièces H (Fig. 3), dans lesquelles glisse une tringle d'acier rond passant dans les trois pièces l ( Fig. 2); cette tringle est arrêtée par une vis dans la pièce I"; elle sert de charnière à la platine des cadrans K (Fig. 2), et fait glisser ladite platine le long de la cage, de ma­nière à changer de place la ligne des cadrans et à les rendre indépendants successivement.

La cage est couverte, outre la platine des cadrans ci-dessus désignée, d'une autre platine dite à glissières, où sont placés les boutons à aiguille P (Fig. 1) , qui glissent dans une rainure et indiquent les chiffres avec lesquels on désire opérer. Sous cette platine, dont on voit une partie représentée Fig. 6, sont pratiquées des entailles traversant la rainure et servant à arrêter le ressort J à chaque chiffre, afin d'éviter les erreurs en posant les nombres; sans ces entailles (perfectionnement), on met le bouton ou trop haut ou trop bas, et l'on peut faire un autre chiffre que celui qui est indiqué, sans en avoir con­science; avec ces entailles, on sent le ressort s'arrêter à chaque chiffre et l'on opère sûrement.

 

Pièces montées dans la cage.

1° Six cylindres cannelés M ( Fig.4 ).

  Ces cylindres sont taillés en vingt dents, dont on en a enlevé onze dans toute la longueur du cylindre, puis les neuf autres sont coupées par neuvièmes en forme d'escalier M, pour représenter les chiffres de 1 à 9 tracés sur la platine à glissières L (Fig. 1).

Les dents du cylindre engrènent dans une petite roue N ( Fig. 3 ); cette roue, dite conductrice, est taillée en dix dents et est montée sur une assiette portant une gorge carrée, dans laquelle entre le bouton P (Fig. 1), qui, aux différents chiffres indiqués sur la platine à glissières, fait engrener la roue conductrice à la section des dents du cylindre correspondant au chiffre indiqué par l'aiguille du bouton P.

2° Sur l'arbre carré faisant l'axe des cylindres cannelés M est montée sur une assiette à trou carré une pièce de fer Q (Fig.4), appelée cylindre de modération (invention nouvelle) ; cette pièce, conjointement avec les pièces R (Fig. 3), vient modérer la vitesse acquise qui existait dans les anciennes machines, car le cylindre, dans une marche rapide, entraînait, par le moyen de la roue conductrice, l'arbre carré, et par contre le cadran correspondant, et faisait faire par la volée une ou deux dents de plus au cadran.

Avec cette nouvelle invention, lorsque la dernière dent du cylindre cannelé cesse d'engrener dans la roue conductrice N (Fig. 3), la pièce R, taillée en croix de Malte (invention), vient buter sur le cylindre modérateur Q (Fig. 4), empêche ainsi la vitesse acquise et donne à la machine actuelle une supériorité incontestable dans la sûreté de sa marche, chose qui manquait dans les anciennes machines.

Sur l'assiette de ce cylindre modérateur est fixée, entre le susdit cylindre et le repos de l'assiette, une pièce de fers, Fig. 4, qui, à l'extrémité, forme une dent et vient engrener dans la roue de retenue T (Fig. 3). Cette pièce de fer, appelée doigt de retenue, aura sa fonction décrite à l'article retenue.

3° Huit arbres carrés, allant aux deux extrémités de la cage, représentés en 0 (Fig. 3), et sur lesquels sont montées les pièces suivantes : 1° sur une assiette glissant sur l'arbre la mue con­ductrice N (Fig. 3), dont nous avons décrit plus haut la fonc­tion; 2° sur une assiette fixe la croix de Malte, fendue en dix dents R (Fig. 3), dont la fonction a été également décrite plus haut avec les cylindres modérateurs; 3° sur l'assiette de la croix de Malte est montée une roue à dix dents T (Fig. 3), que nous décrirons à l'article retenue; 4° sur une assiette a (Fig. 3), dite assiette double, ayant une portée à chaque extrémité et glissant sur l'arbre 0 au moyen d'une règle méplate U (Fig. 3).

Sur cette assiette double sont montées deux roues d'angle à dix dents, qui engrènent dans les roues d'angle à dix dents v (Fig. 2 et 5), montées sur les assiettes des cadrans et donnent le produit des opérations. Ces assiettes doubles font engrener leurs roues d'angle en glissant sur l'arbre O, tantôt devant, tantôt derrière la roue v, suivant que l'opération exige que le chiffre du cadran se présente de 1 à 9 dans l'addition et la multiplication, ou de 9 à 1 dans la soustraction et la division.

4° Deux arbres carrés courts X, X' (Fig. 4),

Sur ces arbres sans cylindre cannelé glissent, comme dans les arbres garnis de cylindre, un cylindre modérateur avec son doigt de retenue, pour les dizaines et les centaines à provenir des produits dans les multiplications et des retenues dans les soustractions. Sur le dernier de ces petits arbres carrés X' est monté sur une assiette fixe un disque dit d'arrêt (addition au dernier brevet).

Ce disque d'arrêt fait, avec le changement que nous allons décrire, l'objet d'un brevet d'invention et de perfectionne­ment, car il empêche que, pendant l'opération, les roues d'angle montées sur l'assiette double a (Fig. 3), ne glissent et ne changent l'opération. Ce disque d'arrêt est taillé de façon que le changement d'opération ne puisse se faire que lorsque la manivelle L" (Fig. 1), est au repos.

Ce changement d'opération se fait au moyen d'un levier Y’’ (Fig. 7); ce levier est armé d'une broche de fer D2 (Fig. 3), qui frotte sur le disque d'arrêt; on fait agir ce levier de haut en bas et vice versa au moyen d'un boulon L3 (Fig. 1), suivant l'opération que l'on veut faire, et qui est indiquée sur la platine à glissières L (Fig. 1).

 

5° A l'extrémité des cylindres cannelés, à l'opposé du cylindre modérateur, se trouve une roue d'angle fendue en vingt dents Z (Fig. 4); ces roues engrènent dans d'autres roues d'angle également à vingt dents qui sont fixées sur un arbre dit de transmission; cet arbre, mû par la manivelle L", donne le mouvement aux six cylindres cannelés et aux deux derniers arbres de retenue.

Ces cylindres cannelés sont engrenés avec l'arbre de transmission, de façon que le second cylindre fasse sa première dent pendant que le premier fait sa seconde dent; le troisième fait sa première dent quand le deuxième cylindre fait sa seconde, et ainsi de suite de dent en dent jusqu'au dernier, qui fait sa première dent pendant que le premier cylindre fait sa sixième; par ce moyen, les retenues tombent à leur tour l'une après l'autre et évitent ainsi toutes les erreurs.

6° Une règle méplate de cuivre portant sept pièces de cuivre b (Fig. 3), dites équerres de retenue.

7° Sept pièces d'acier composées chacune d'une tige ronde, à l'extrémité de laquelle est rivée d'équerre une fourche qui entre dans une rainure faite à l'assiette du cylindre modérateur; cette pièce d (Fig. 4), est appelée fourchette de retenue.

8° Sept leviers à fourche ou levier de retenue A (Fig. 8).

9° Un arbre d'acier rond, pivoté d'un bout, portant du côté du pivot une roue d'angle à vingt dents engrenant dans l'arbre de transmission; du côté opposé au pivot se monte la manivelle L" (Fig. 1); au-dessous de la manivelle est fixée sur l'arbre une roue taillée en rochet qui, avec un cliquet, em­pêche que la manivelle ne tourne de droite à gauche. Cet arbre de manivelle est représenté en f (Fig. 1 et 3).

10° Une équerre à fourche g (Fig. 3 et 4), qui, fixée sur fa règle L' au moyen d'une vis fait aller et venir, suivant l'opé­ration, le doigt du quotient (perfectionnement). Ce doigt S'(Fig. 4), fait tourner les roues qui sont le compteur des tours de la manivelle et font marcher un cadran qui devient quotient avec la division, et multiplicateur dans la multiplication.

11° Deux arbres parallèles d'acier rond i (Fig. 3), qui portent chacun une roue de 22 millimètres 1/2 de diamètre, fendue en treize dents, et une roue dite intermédiaire, de 22 millimètres 1/2 de diamètre, fendue en vingt dents.

La grande roue montée sur l'arbre i' et près de la platine de cage B (Fig. 3), engrène dans les cadrans, Fig. 2, dits de quotient; ces cadrans sont les compteurs des tours de la manivelle et feront à l'article quotient effaceur l'objet d'une addition.

 

Platine des cadrans.

  

Sur une platine K (Fig. 1 et 2) , dite platine des cadrans, longue de 44 centimètres, large de 6 centimètres et de 6 millimètres d'épaisseur, sont montés douze cadrans m (Fig. 1); chaque cadran porte dix chiffres de 0 à 9, qui indiquent, au moyen de trois ronds percés et fraisés dans la platine, Fig. 1, les produits obtenus.

Ces cadrans sont placés à 3 centimètres de distance les uns des autres et sont montés sur des axes pivotés entre la platine et une tringle supportée aux deux bouts par une colonne de la hauteur des assiettes des cadrans et formant cage; ils sont arrêtés par des ressorts sautoirs, qui entrent dans les festons de ces cadrans m" (Fig. 2).

Cette platine peut se lever et glisser le long de la cage au moyen de la tringle d'acier fixée en I, et, passant par les trois pièces I, glisse dans les pièces H (Fig. 3); cette tringle sert de charnière à la platine des cadrans et lui permet de changer de place la ligne des cadrans, en les rendant indépendants du mécanisme en mouvement monté dans la cage.

Au-dessous de chaque cadran et sur la même assiette se trouve une roue taillée en dix dents, dont on en a enlevé une; cette roue sert, avec la grande crémaillère q (Fig. 2), à remettre les cadrans à zéro lorsque l'opération est terminée.

Touchant à cette roue et rivée sur la même portée est une roue d'angle v (Fig. 2), fendue en dix dents, qui engrène dans l'une des deux roues d'angle, également à dix dents, qui sont rivées sur l'assiette double a (Fig. 3).

Chaque cadran porte un plot carré c (Fig. 2), dont l'angle en passant vient faire effacer la pièce b (Fig. 3), dite équerre de retenue, chaque fois que ce cadran passe de 0 à 9 ou de 9 à 0, suivant que l'opération le fait tourner de gauche à droite ou de droite à gauche.

Pour la mise à zéro des cadrans, la crémaillère q (Fig. 2) est mise en mouvement par le bouton r (Fig. 1), qui est fixé sur une tige carrée, à laquelle est tenue par une assiette la roue r’’ (Fig. 2). Ladite roue étant mise en mouvement fait monter la crémaillère le long de plans inclinés, qui la font engrener dans la roue de dix dents dont on en a enlevé une, et placée sur l'assiette des cadrans sous la roue d'angle à dix dents V (Fig. 2).

Cette crémaillère entraîne tous les cadrans jusqu'à ce que, rencontrant la dent enlevée de la roue de mise à zéro, elle passe sans faire tourner le cadran qui se trouve à zéro. La crémaillère, poussée par un fort ressort de montre placé à gauche dans le barillet t (Fig. 2), redescend d'elle-même, et, eu redescendant autant que les plans inclinés le lui permettent, se trouve débrayée de l'engrenage des roues de mise à zéro, et permet ainsi aux cadrans de tourner pour faire une nouvelle opération, sans crainte que la roue de mise à zéro en­grène dans ladite crémaillère.

 

Multiplicateur ou quotient dit effaceur.

Dans les machines antérieures à celles que nous décrivons aujourd'hui, le compteur des tours de manivelle, ou autre­ment dit le quotient ou le multiplicateur, était tout simplement un doigt qui, monté sur le premier cylindre, faisait tourner une roue fendue en dix dents et indiquant le nombre des tours de la manivelle, et, lorsqu'une opération était terminée, on était obligé de venir mettre chaque roue de quotient à zéro; mais s'il fallait remettre à zéro, avec la main, chaque cadran de quotient d'une machine de seize et de vingt chiffres après une grande opération, on perdrait trop de temps.

La machine ayant pour but de faire non seulement sûre­ment, mais encore promptement toute opération, les plus ac­tives recherches ont été faites pour supprimer toute perte de temps dans la marche de la machine.

II a donc été urgent de trouver un moyen qui put permettre de faire pour les multiplicateurs ou quotients ce que l'on avait déjà fait pour les produits ou dividendes, c'est-à-dire remettre tous les cadrans à zéro d'un seul coup.

Pour cela, tous les cadrans de quotients ou de multiplica­teurs ont été montés sur des axes pivotés, qui sont garnis d'une assiette, sur laquelle est, outre le cadran, une roue d'acier taillée en dix-huit dents, dont on en a enlevé une pour la mise à zéro.

Au moyen d'un barillet à droite t" (Fig. 2) un bouton r'(Fig. 1), est monté comme le bouton r décrit plus haut à la mise à zéro des cadrans des produits et dividendes.

Ce bouton r" fait tourner une roue cachée sous le barillet dans une creusure faite à la platine; cette roue engrène dans une autre roue semblable comme grandeur et gui tourne sur la partie lisse d'une vis à portée x (Fig. 2).

Cette dernière roue engrène alors dans la petite crémaillère v (Fig. 2), qui, comme la crémaillère q (Fig. 2), montant sur des plans inclinés, vient engrener dans les roues d'acier fendues en dix-huit dents s (Fig. 2), ,jusqu'à ce que, rencontrant la dent enlevée à la roue s (Fig. 2) , elle passe sans faire tourner le cadran, qui reste à zéro; puis alors, en lâchant le bou­ton, le ressort de montre fixé dans le barillet fait redescendre la crémaillère qui, glissant de nouveau sur les plans inclinés, s'efface et permet alors aux cadrans de quotients ou multiplicateurs de pouvoir tourner pour une autre opération, sans que la roue s engrène dans les dents de la crémaillère.

Cette addition à l'ancienne machine qui vient d'être expo­sée à Stettin, en 1865, a valu à son inventeur la médaille d'honneur.

Ce travail a nécessité une platine de cadrans très épaisse, car tous ces effets et engrenages font leurs fonctions dans l'épaisseur de la platine creusée à cet effet; il ne pouvait en être autrement sans gêner le mécanisme des cadrans des pro­duits et dividendes.

 

Retenues. 

Dans les anciennes machines, la retenue se faisait par le moyen d'un double plan incliné d'acier, fixé au cadran, qui venait presser sur le levier de la retenue et la dégageait eu la faisant descendre verticalement; mais il arrivait que, si plusieurs plans inclinés de cadrans pressaient en même temps sur les leviers de retenue correspondants auxdits cadrans, ces leviers rendus durs à descendre par le nombre, au lien de descendre, faisaient lever la platine des cadrans, et l'engrenage des roues d'angle et des cadrans, rendu trop faible par la levée de la platine, donnait à ces cadrans des produits faux.

Pour obvier à cet inconvénient, on avait mis en communi­cation avec le cylindre cannelé du milieu de la cage un cro­chet d'acier qui, aussitôt que la manivelle était mise en mouvement, venait tomber sur la platine des cadrans et l'empêchait ainsi de se lever; ce crochet quittait la platine aussitôt que la manivelle revenait à son point de départ et permettait à la platine des cadrans de se lever et de glisser; mais il y avait un grand inconvénient à ce système de crochet: c'est que s'il arrivait qu'une cause d'arrêt intervint dans le tour de la manivelle, ce crochet ne dégrenant que lorsque la manivelle est au point de départ, on ne pouvait lever la platine des cadrans, et il devenait très difficile, pour ne pas dire im­possible, de remédier à la cause d'arrêt.

Dans la nouvelle machine, la pièce à double plan incliné est remplacée par un plot d'acier carré c (Fig. 2), rivé sur chaque cadran, qui, en passant de 0 à 9 ou de 9 à 0, fait effacer horizontalement la pièce b (Fig. 3), dite équerre de rete­nue, au lieu de la faire tomber verticalement, ce qui supprime le crochet, puisque la platine des cadrans ne peut plus se lever par ce nouveau mode de retenue.

Cette équerre de retenue b (Fig. 3), s'effaçant horizontalement, fait tomber le doigt de retenue S (Fig. 4), par le moyen de la pièce A (Fig. 4 et 8), dite levier de retenue ou levier a fourche.

Ce levier à fourche fait bascule au moyen d'une goupille qui le traverse et est arrêtée dans un plot de cuivre fendu pour le passage du levier; ce levier est fixé sur la platine par une vis e (Fig. 3).

Ce levier de retenue ou levier à fourche opère sur le doigt S par le moyen de la tige d (Fig. 4), qui reçoit dans une rai­nure la fourche de ce levier; à l'extrémité de cette tige, il y a une fourchette d'acier qui entre dans la rainure circulaire de l'assiette du cylindre modérateur Q (Fig. 4).

La tige ronde d, en descendant, fait donc tomber le cylindre modérateur, et par conséquent le doigt de retenue y adhérant S (Fig. 4); ce doigt, en tournant, vient prendre une dent sur la roue de retenue T (Fig. 3). montée sur l'assiette en croix de Malte; continuant de tourner avec son arbre carré, l'assiette du cylindre modérateur, limée sur le bout en colimaçon, rencontre un pied d'acier d (Fig. 4), qui force ainsi le cylindre modérateur et le doigt de retenue à venir prendre leur place primitive, et alors le doigt de retenue passe en tournant entre la roue de retenue T et la croix de Malte B (Fig. 3), jusqu'à ce que le cadran, passant de nouveau de 0 à 9 ou de 9 à 0, suivant l'opération, vienne encore faire effacer l'équerre de retenue et faire ainsi par contre descendre le doigt de retenue.

Ce nouveau perfectionnement apporté aux retenues est rendu sûr par le moyen de ressorts doubles rivés sur une as­siette; cette assiette est elle-même tenue par une vis sur la tige portant la fourchette de retenue d (Fig. 4).

La platine A (Fig. 4), sur laquelle on voit le ressort ci-dessus indiqué plié en équerre, est fraisé moitié par moitié à angle vif; de cette façon, la retenue se faisant, le ressort la fait descendre entièrement; de même, en remontant sur le plan incliné d'acier d (Fig. 4), à peine est-elle au milieu de sa montée que le ressort la fait remonter entièrement; par le moyen de ce double ressort, la retenue est très sûre, car elle ne peut rester en chemin, il faut qu'elle descende à fond ou qu'elle soit re­montée de même.

 

Manière de se servir de l'arithmomètre. 

La machine opère en suivant les principes élémentaires de l'arithmétique, et ses mouvements semblent peindre et suivre les mouvements qu'il faut faire pour arriver au résultat voulu.

 

Addition. - On additionne en écrivant avec les boutons à aiguille P (Fig. 1), les nombres sur lesquels on veut opérer, et, en plaçant le bouton du levier de changement L3 (Fig. 1), sur les mots addition et multiplication, on tourne la manivelle jusqu'à ce qu'elle revienne à son point de départ, et on a pro­duit sur les cadrans les chiffres marqués par les boutons.

En recommençant pour chaque nombre ce qui a été dit ci-dessus, on aura ajouté le nombre écrit en second lieu avec le premier inscrit dans les lucarnes. S'il y a un troisième, un quatrième nombre ou plus à ajouter, on recommence à poser 1e nombre chaque fois avec les boutons P, et l'on donne chaque fois un tour de manivelle seulement.

 

Multiplication. - On opère comme il est dit ci-dessus pour l'addition, c'est-à-dire que l'on écrit le nombre que l'on veut multiplier au moyen des boutons à aiguille P (Fig. 1); on met également le bouton L3 (Fig. 1), aux mots addition et multiplica­tion, et l'on tourne la manivelle jusqu'à ce que le chiffre multiplicateur ait paru dans la lucarne des cadrans de multiplicateurs ou de quotients.

Ainsi, ayant à multiplier 987,654 par 657,892, on inscrit sur la platine dite à glissières le chiffre 987,654; alors, prenant la manivelle, on tourne deux tours, le nombre 2 étant le chiffre des unités du multiplicateur; après les deux tours faits, le chiffre a apparaît dans la lucarne des multiplicateurs ou quo­tients, et sur la platine des cadrans on voit apparaître dans les lucarnes des produits le nombre 1,975,308 qui est le multiplicande multiplié par 2.

Déplaçant alors la platine des cadrans d'un cran de gauche à droite, on vient mettre le chiffre 0 dizaine en face du bou­ton 4 unité, afin de multiplier par des unités de dizaines; pre­nant encore la manivelle, on fait neuf tours, le chiffre 9 étant le chiffre d'unités de dizaines; alors le chiffre 9 apparaît dans la lucarne des dizaines des cadrans multiplicateurs, et sur la platine des cadrans on lit le nombre 90,864,168 qui est le multiplicande multiplié par 92; déplaçant de nouveau la pla­tine d'un cran de gauche à droite, on multiplie par les unités de centaines; on donne huit tours de manivelle, le nombre 8 étant le chiffre marqué aux centaines dans le multiplicateur; ce chiffre 8 apparaît à son rang dans la lucarne des multiplicateurs et on lit sur la platine des cadrans le nombre 880,987,368 ou le multiplicande multiplié par 892; déplaçant de nouveau la platine, on donne sept tours de manivelle, le chiffre 7 étant celui des unités de mille par lequel on veut multiplier; ce chiffre 7 se présente dans la lucarne des multiplicateurs et on lit dans la platine des cadrans le nombre 7,794,565,368, qui est le multiplicande multiplié par 7,892 ; déplaçant de nouveau la platine des cadrans d'un cran de gauche à droite, on donne cinq tours de manivelle, le chiffre 5 étant celui des unités de dizaines de mille du multiplicateur; ce chiffre ayant à son tour apparu dans la lucarne, on lit sur la platine des cadrans le nombre 57, 177,265,368, qui est le multiplicande multiplié par 57,892, déplaçant encore comme ci-dessus la platine des cadrans, on donne six tours de manivelle, le chiffre 6 indi­quant le nombre de centaines de mille par lequel ou veut multiplier; on lit alors dans les lucarnes des multiplicateurs le nombre 657,892, et on lit dans les lucarnes des produits le nombre 649,769,665,368, produit demandé.

L'explication si longue à détailler de l'opération indiquée ci-dessus n'est que pour faire bien comprendre la marche de la machine; cette multiplication demande douze secondes pour se faire à la machine.

Soustraction. - On place dans les lucarnes des produits le nombre duquel on veut soustraire; ce nombre étant placé, on met le bouton L3 sur les mots soustraction et division, puis, plaçant le nombre que l'on veut soustraire au moyen des boutons à aiguille P, on donne un tour de manivelle, et le reste ou différence se trouve écrit dans les lucarnes des cadrans des produits.

Division. - Le dividende s'écrit sur les cadrans des pro­duits, ce qui se fait en ouvrant la platine et en écrivant le chiffre au moyen des petits boutons qui accompagnent chaque lucarne.

Le diviseur s'écrit comme le multiplicande avec les boutons à aiguilles P (Fig. 1).

On opère en sens inverse de la multiplication, c'est-à-dire en commençant à agir sur les chiffres de gauche.

Ainsi, soit à diviser 625 par 25: on met 62 au-dessus de 25; on tourne la manivelle jusqu'à ce que le nombre supérieur soit moindre que le chiffre inférieur; on voit alors s'inscrire le chiffre 3 dans la lucarne de gauche des quotients; il reste en haut le nombre 125; on déplace la platine de droite à gauche, et l'on a ainsi le nombre 125, et en bas le nombre 25 sous les deux derniers chiffres de droite du nombre 125; tournant alors la manivelle jusqu'à ce que le nombre supérieur ne puisse être contenu dans le nombre inférieur, on voit alors le nombre 25 dans les lucarnes de quotient et o au dividende; le nombre 25 est donc contenu 25 fois dans 625. Il est inutile de dire que le bouton L3 doit avant l'opération être poussé du côté indiqué soustraction et division.

Une description plus étendue est parue en brochure et fait connaître tous les avantages que l'on peut tirer de cette ma­chine propre à résoudre tous les problèmes d'arithmétique.

 

* Document transcrit à partir du brevet manuscrit par Valéry Monnier, France 2006


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2013