Le mécanisme de retenue
                 
Type 1
Type 2
Type3
Type 4
Type 5
Type 6
Type 7
Type 8
Type 9
1820
1822
1849
1850-52
1856-58
1860
1865
1880
1907

 

I) Arithmomètre de 1822 (T1822)


Le modèle T1822 est exceptionnel ! C'est à ce jour le plus ancien arithmomètre connu. On ignore si Thomas en avait construit plusieurs exemplaires. Ce petit bijou est aujourd'hui conservé au Smithonian Institute (NMAH) de Washington.
Sur le plan technique, la machine est très différente de celle décrite dans le brevet N° 1420 de 1820.
C'est un modèle de "deuxième génération" dont le Bulletin de la Société d'encouragement pour l'industrie nationale de 1822 fournit les caractéristiques détaillées.


La "10e dent" du cylindre de T1820 a migré et s'est transformée en une pièce Z, positionnée après le cylindre, dans son prolongement.
Ressemblant un peu à une sorte de doigt, sa fonction est, lors de la phase de retenue, d'engrener avec la roue f. Le but ultime étant, bien-sûr, de transmettre une unité à la roue totalisatrice, via la roue conique J placée sur le même axe carré !

 

Détail du mécanisme de T1822



Ca se complique !

La roue f est reliée à un double bras lm qui va provoquer son déplacement et son retour !

En position de "repos", la pièce a (plan incliné / Colimaçon) maintient un ressort tendu par l’intermédiaire du double bras lm, qui, du coup, maintient aussi la roue f éloignée. Lors de la rotation, a se défilera.

Une goupille située dans l’axe du ressort à boudin bloque également son avancée. Cette goupille est retenue par un cliquet, qui au passage de 9 à 0 du totalisateur, va s’échapper sous l’action du  petit plan incliné placé sous le totalisateur.  

La goupille ne retient plus le double bras lm qui sous l’effet du ressort va faire avancer la roue f et la positionner dans l’axe du doigt.

La retenue peut s’effectuer !...

En fin de rotation, la pièce a va  re-comprimer le ressort par une action sur le double bras et la goupille va se re-bloquer  grâce au cliquet qui aura retrouver sa place.

 

II) Sources

 

"Bulletin de la société d’encouragement de l’industrie nationale / M. Hoyau, 1822"

 

 

Extrait :

« A L’autre extrémité du cylindre X sont deux petits bras de levier, dont l’un Z, se termine en pointe, et l’autre a, offre à son extrémité un petit plan incliné. A droite et au dessus du cylindre, on aperçoit un arbre carré b, portant trois roues dentées, dont deux sont mobiles : l’une c est percée d’un trou carré à travers lequel passe l’arbre ; elle fait corps avec une petite poulie d qui reçoit une fourchette e, fig. 4, servant à la transporter au point convenable du cylindre ; l’autre roue f, de même construction que la première, n’a qu’un très léger mouvement, par l’action des leviers Z et a fixés sur l’axe du cylindre X ; la troisième est une roue conique j, de vingt dents, fixée et immobile à l’extrémité de l’axe b.

Auprès de cet axe est placé un arbre rond g, dont le bout h traverse la platine supérieure : ce bout est retenue à fleur de la platine par un cliquet l’ qui s’oppose à l’effort du ressort à boudin i, lequel tend à faire sortir le bout de cet axe au dessus de la platine, jusqu’à ce qu’il s’appuie sur la portée k. L’arbre g est muni d’une fourchette l qui entre dans la gorge de la poulie de la roue f et d’un bras m, portant à son extrémité un plan incliné. »

 [….]

 « Si maintenant on voulait ajouter 7 à 6, le premier cadran marquant 6, on transportera le premier index u au point marqué 7, et il répondra à la partie du cylindre X, dont le nombre des cannelures fait faire sept divisions au cadran. Si on tire le cordon o’, le cylindre fera un tour, , et le cadran aura tourner de sept divisions et marquera 3 ; mais au moment ou le zéro a passé devant la lunette, le petit  plan incliné b’ du premier cadran a poussé le premier cliquet l’ ; alors le bout du premier petit arbre g, pressé par le ressort à boudin i, s’échappe, n’étant plus retenu par le cliquet, et la première roue f est soulevée de manière à se trouver dans le même plan que le petit bras Z du deuxième cylindre ; celui-ci faisant un tour, le bras Z rencontrera la roue f et la fera marcher de deux dents, c'est-à-dire d’une division du second cadran : ainsi ce cadran qui marquait zéro marquera 1 ; ce qui, avec 3 du premier cadran, donnera 13, somme de 7 et 6.

Ce dernier exemple, extrêmement simple, fait connaître le moyen employé pour marquer les retenues.. ».

 […] 

« Si l’on fait attention à la manière dont les cylindres X sont cannelés, on verra que la moitié seulement de leur circonférence porte les cannelures, en sorte que les roues avec lesquelles ils engrènent restent en repos pendant toute une demi circonférence du mouvement ; c’est précisément pendant ce temps que les retenues se marquent, et avant que la seconde demi circonférence soit totalement achevée, le plan incliné a’, qui est monté sur le cylindre, a replacé le petit arbre g dans sa position ordinaire, c'est-à-dire qu’il a fait descendre son extrémité h au dessous du cliquet l’, qui, pressé par le ressort m’, a passé sur le bout de cet arbre g, et a replacé la ou les roues f, dans la position où les bras Z ne peuvent pas les rencontrer. »


 

www.arithmometre.org
2007